mer, 27/08/2014 - 05:55
#1 [4]
Nouveauté Renoise.com : un endroit où uploader vos contenus !
Liens
[1] http://refra.fr/portail/user/login?destination=comment/reply/646%23comment-form
[2] http://refra.fr/portail/user/register?destination=comment/reply/646%23comment-form
[3] http://refra.fr/portail/node/646#comment-2976
[4] http://refra.fr/portail/node/646
[5] http://refra.fr/portail/user/1
[6] http://refra.fr/portail/node/646#comment-2973
[7] http://refra.fr/portail/comment/2974#comment-2974
"Faire un don économique à refra", ce serait un geste effectué uniquement et exclusivement pour le plaisir de donner (si tant est que ça soit un plaisir). Et ça aurait un rapport avec le fait de "donner sa musique" au lieu de "vendre un service musical".
Je vais expliquer ce que je pense des rapports entre la composition musicale et la rétribution monétaire.
Un système de donation ne peut être confondu avec le fait de "payer un service". Si refra.fr propose un système d'hébergement de données musicales, c'est là un service. Mieux vaut alors appeler ça non pas une donation, mais un "abonnement à un service". Imaginons. Disons qu'on identifie parmis les utilisateurs certifiés des utilisateurs "premium" qui ont payé leur statut pour bénéficier d'un espace de stockage par exemple de 1Gopar an paiement renouvelable pour le maintient annuel du service. Mais alors, si on entre dans ce domaine, on entre aussi dans le domaine commercial. On entre dans des conditions générales. Avec tout ce que ça suppose, en terme de garanties, de rétablissement de service, de suivi, de relation client et de résolution de litige, et même de rapport mutuels qui changent de nature. Et la question que je me pose c'est quoi c'est : est-ce que ce service est intéressant ? D'une part. Et d'autre part : pourquoi payer un hébergement quand il existe autant de clouds et d'hébergements gratuits ailleurs ?
La donation est à contrario un acte désintéressé, c'est à dire un acte qui sort de la relation commerciale autour d'un service, du devoir de le rendre, et qui exige d'avoir en face des personnes avant tout passionnées et qui font presque passer leur rétribution au dernier plan. Ce que je veux dire, c'est que refra marche suffisemment bien parce qu'il est géré et animé par des personnes qui sont des passionnés du tracking avant tout, plus que parce qu'il serait source de revenus suffisants.
Le problème du fric c'est que c'est une motivation vide de contenu, et qui démontre - au fil des années - toute sa vacuité. Par exemple, si je me mets à vendre des packs de samples pour ce que ça rapporte, et puis, à payer les contributeurs, qui travaillent et forcément, demandent rétribution puisque tout travail mérite salaire, et si je les paie moins, en faisant une marge, pour que ça soit assez "rentable" pour payer les serveurs, ce buisness va bien m'occuper, certes, mais la "valeur des samples" produits pour ce qu'ils rapportent n'est pas la même que la valeur des samples produits pour leur pur potentiel en musicalité.
Ce que j'aimerais, c'est qu'on fasse des samples/instruments de qualité, pour le plaisir de les faire, et de bien les faire : pourquoi, parce que ce sont ces samples qui resteront, les autres finiront par tomber dans l'oubli.
Si je ne vends pas ma musique, c'est pour une bonne raison. Il en va de même pour mes samples. Non pas parce que le marché est malhonnête, non pas parce que ma musique n'a aucune valeur, mais bien parce que le marché a besoin d'être purgé de toute sa dimension commerciale, car faire de la musique qui puisse se vendre est d'une part plus que difficile, mais d'autre part la musique commerciale répond à des codes qui sont pourtant intéressants (le genre commercial pourrait être un genre musical à part entière), mais ce genre s'expose à la raillerie sur la "crédibilité" qui préside à sa genèse de l'oeuvre. C'est à dire : est-ce que l'oeuvre a une dimension et une portée qui va au delà de celle qui consiste à s'enrichir sur le court terme ? Est-ce qu'un artiste s'adresse aux gens et est-ce que le fait de dire qu'on a besoin d'argent c'est un message intéressant ?
C'est à dire qu'auhourd'hui, le monde du fric et de la finance n'a rien à vendre d'autre que de l'argent. Il n'a rien à dire d'intéressant hormis qu'il veut de l'argent ou qu'il a de l'argent. C'est ça son secret. Il n'a même, aucune idée de ce qu'il faut faire à part faire de l'argent et à la limite il te vend un emballage vide aussi bien qu'un emballage plein pourvu qu'il te vende un produit. Vendre pour vendre. Même vendre de la dette ou du sur-endettement, pourquoi pas. Quitte à foutre le monde en banqueroute. Peu importe, c'est prouvé que la finance a perdu le contact avec la réalité depuis un paquet d'années. Les médias te vendent leur culture qui te parle de fric, de nécessité. Les artistes qui réussissent te reparlent tous du même programme : ils t'expliquent qu'ils chantent pour gagner des sous et qu'ils gagnent des sous pour réussir, et qu'ils réussissent à gagner des sous pour contredire tous ceux et toutes celles qui croyaient qu'ils n'arriveront pas à vendre une musique. Bref : toute cette merde tourne en rond sur elle-même. T'as l'impression de manger un produit frais mais qui n'a pas de saveur parce qu'il n'a pas de perspective ; et on contrôle le goût et l'idéologie des masses selon des logiques de profitabilité à court terme où l'artiste ne joue qu'un rôle de promoteur. Dans ce contexte les oeuvres majeures qui transcendent le fait économique se font de plus en plus rares à dénicher dans le mainstream.
Pourtant, dans le mainstream, on pouvait trouver des oeuvres majeures, avant. L'argent des riches, servait le fait musical. Et pas l'inverse. Par exemple, des fortunes étaient impliquées dans la formation de certains artistes pour qu'ils se consacrent exclusivement à leur passion, sans se préoccuper des contraintes matérielles ; un artiste entretenu parlaient d'autre chose que du fric ; le gavage et l'entretien économique, était produit par les aristocrates, et était sensé garantir la qualité de la composition : en libérant l'artiste du devoir de bosser aux champs pour survivre, on lui permettait de développer dans une bulle déconnectée encore plus sa maitrise, son oeuvre, la qualité de son talent, c'est ainsi qu'on attendait un opéra qui raconte une histoire sublime ; au terme de quoi on paya même des fortunes pour la mise en oeuvre des compositions les plus complexes, avec des moyens orchestraux qu'on était loin d'avoir à notre disposition à la maison. Bien entendu, l'artiste "entretenu" et coaché dans une bulle musicale, n'était pas légion, on avait l'artiste errant, journalier aux champs et complétant ses maigres revenus en grattant une lyre comme un clodo gratte sa guitare dans le métro parisien aujourd"hui. Au mieux le musicien d'antan était engagé dans une troupe de saltimbanques qui allait de ville en ville et qu'on adorait couvrir de feuilles de choux et de tomates pouries en fonction du divertissement. Les rapports de la musique, du public, et de l'argent, changent en fonction des époques et des publics, mais disons qu'on n'a jamais autant douté de la sincérité d'un artiste qu'aujourd'hui où tout ce qui passe comme message c'est qu'il faut réussir à générer des revenus.
Aujourd'hui on est en 2014 dans un monde où justement, c'est trop souvent l'inverse, qui préside, c'est à dire, qu'on n'a plus besoin des aristocrates, déjà, pour pondre une orchestration, et en plus, on vend pour moins de 50 boules un logiciel qui te permet de composer et d'écouter chez soi dans sa chambrette une compo au résultat rapide, sur 60 pistes, qui tourne sur un PC vendu d'occase à 50 boules, et ce sans formation musicale obligatoire. La musique n'est plus un produit de luxe qui se fait sur le long terme, ça n'est plus un signe extérieur de culture pour riches, ça n'est pas non plus un objet recherché car rare, les stations radio par milliers balancent de la musique gratis et d'ailleurs, elle ne rapporte plus rien directement et il faut entrecouper tout ça de plages de pubs. La musique, à la télé c'est "the voice", qu'on suit dans une société où le chomage de masse est une réalité et où le suspense consiste à se demander si l'artiste va être "recruté" après avoir passé les étapes d'une "sélection" en direct à la télé. Le "recrutement" dans un monde au chômage, c'est le seul levier de ce genre de programme, qui resasse souvent des vieux tubes éculés. La musique c'est un ingrédient pour un autre produit, ce n'est plus le produit central, le produit majeur. Et lorsque ce n'est pas le prétexte pour autre chose, faire de la musique c'est devenu un jeu vidéo, un tétris, un fond sonore pour son avatar dans le virtuel, qui prend sa place dans la culture nouvelle du citoyen lambda branché et paumé dans le virtuel. Et dans le virtuel, on fait, on écoute, on travaille la musique gratos, :
Finalement, dans le virtuel, tracker sa musique, c'est souvent un hobby prenant, et faire du fric avec, ce n'est statistiquement pas la finalité ultime des amateurs de tracking. Donc (sortons de cette digression) aujourd'hui la donation fonctionne bien mais quand elle fonctionne bien c'est de façon "paradoxale", c'est à dire, si et seulement si structurellement, refra.fr démontre qu'il n'a absolument pas besoin de donation pour fonctionner correctement. Et donc je ne peux m'appuyer sur un système de donation pour gérer le problème de l'espace de stockage des contenus renoise. Il faut que je trouve une autre solution.
L'Administrateur